Fiac 2021

Après une édition 2020 annulée en raison du covid, la 47ème édition de la Fiac (Foire Internationale d’Art Contemporain, une des plus importantes au monde avec Art Basel) a pris ses quartiers dans le Grand Palais Ephémère, installé sur le Champ de Mars, en raison des travaux de rénovation du Grand Palais.

Du 21 au 24 octobre, 171 galeries (contre 199 lors de l’édition 2019 au Grand Palais) étaient présentes sous la structure en bois conçue par l’architecte français Jean-Michel Wilmotte.

Comme habituellement lors de la fiac, avec autant de galeries et d’artistes, il était difficile de tout voir et ma sélection ci-après est forcément subjective. J’ai passé plus de temps dans le hall du Grand Palais Ephémère, côté Ecole Militaire, où se trouvaient les stands des galeries d’art les plus influentes, et un peu moins dans la partie du bâtiment qui s’étend vers la Tour Eiffel où exposaient les galeries plus petites, mais non moins intéressantes.

Le Grand Palais Éphémère

Côté Ecole Militaire

Commençons notre tour par les galeries les plus en vue, dont les oeuvres se chiffrent à 6 chiffres, voire dépassent le million d’euros pour les artistes les plus cotés.

Perrotin et Gagosian présentaient des oeuvres de leurs ‘stars’ de l’art contemporain – Takashi Murakami et Jean-Michel Othoniel pour la première, Damien Hirst et Sterling Ruby pour la seconde. La galerie Perrotin exposait également plusieurs tableaux de l’architecte et peintre surréaliste français Yves Laloy (1920-1999), en avant-goût de l’exposition qu’organisera la galerie de la rue de Turenne durant le premier trimestre 2022.

Homage to Francis Bacon’, Takashi Murakami, galerie Perrotin
Yves Laloy, galerie Perrotin

Alors que le Centre Pompidou lui consacre une rétrospective jusqu’en mars 2022, la galerie Thaddaeus Ropac présentait deux tableaux du peintre allemand Georg Baselitz, séparés de presque 50 ans.

Continuons notre tour avec la galerie Kamel Mennour, où il était possible de voir (ou d’acheter ! La foire ayant d’abord pour but de mettre en relation galeries d’art et acheteurs) une installation de Lee Ufan et un miroir d’Anish Kapoor.

A la galerie Massimo de Carlo, il fallait lever le nez pour ne pas louper les ‘Ghosts’ (en fait 70 pigeons empaillés) de Maurizio Cattelan.

Un très coloré ‘Rhombus Totem: Glasnot 5′ d’Angela Bulloch marquait l’entrée du stand de la galerie Simon Lee.

Chez Almine Rech, le ‘Sexy robot Infinity’ d’Hajime Sorayama apportait une touche futuriste au milieu d’oeuvres de Javier Calleja et Gregor Hildebrandt.

Il était intéressant de noter la présence de deux œuvres de l’artiste américain George Condo, et de voir l’évolution de son style sur les treize dernières années :

  • ‘Female Nude’ de 2008, présenté par la galerie Simon Lee, qui rappelle les artworks que l’artiste avait réalisés pour l’album ‘My Beautiful Dark Twisted Fantasy’ de Kanye West en 2010,
  • ‘Inside Out’ de 2021, à la galerie Hauser & Wirth, qu’on pourrait assimiler à une réinterprétation moderne du cubisme par Condo.

L’énigmatique ‘Ghost Plaster (Sharp Eyed)’ de Prune Nourry, tel un masque Nō sortant du mur, accueillait les visiteurs sur le stand de la galerie Templon, qui exposait également un grand format de l’artiste américain Kehinde Wiley, ‘Portrait of Jesenia Pineda & Sable Boykin’. La galeriste Nathalie Obadia, proche de Daniel Templon, présentait entre autres une œuvre photographique, ‘Portrait of Gaby (Modern Royals)’, de l’artiste française Valérie Belin.

Déjà présente lors des éditions précédentes de la fiac, l’artiste irlandaise Siobhán Hapaska présentait une de ses oeuvres ‘Snake & Apple’ faite d’acier, de peau de serpent artificielle et de fibre de verre. L’artiste allemande Katharina Grosse qui avait installé une oeuvre monumentale sous la nef du Grand Palais lors de la fiac 2018, présentait deux tableaux, un chez Gagosian l’autre chez nächst St Stephan Rosemarie Schwarzwälder. A l’entrée du Grand Palais Éphémère, une installation de Thomas Bayrle mêlait visuel et son.

Art moderne et d’après-guerre

La fiac permet de découvrir de nouveaux talents ou d’acheter des créations d’artistes vivants côtés, mais certaines galeries proposent également des œuvres d’artistes majeurs du XXème siècle.

Jeff Koons, Jean-Michel Basquiat, Andy Warhol, Jean Dubuffet, les artistes présents sur le stand de la galerie Van de Weghe illustraient cette transition entre art contemporain et oeuvres de la fin du siècle dernier.

La galerie Applicat-Prazan proposait une sélection très intéressante de peintres de l’École de Paris, avec des toiles abstraites de Maurice Estève, Serge Poliakoff ou Pierre Soulages des années 50.

Avant de se diriger vers le côté Eiffel du pavillon, un arrêt à la galerie Tornabuoni permettait d’apprécier une sélection d’artistes italiens d’après-guerre, (Lucio Fontana, Enrico Castellani, Alighiero Boetti ou Mario Ceroli) mais aussi un tableau d’Hans Hartung de 1962.

Côté tour Eiffel

L’oeuvre la plus marquante parmi les artistes exposés dans la partie ‘Eiffel’ du pavillon était sans nul doute celle de l’artiste contestataire chinois Wang Du : sa sculpture ‘New Photo d’Identité‘ représente un buste d’Emmanuel Macron, les poings serrés et l’air déterminé, mais comme bâillonné par un masque chirurgical – c’est en fait sa bouche qui a été creusée (discours creux des politiciens ?) et peinte en bleu clair pour donner cette impression.

Terminons notre visite du Grand Palais Éphémère avec le design du XXème siècle et des galeries comme celles de Patrick Seguin ou Laffanour qui mettent en avant des designers comme Charlotte Perriand, Jean Prouvé ou Pierre Jeanneret.

Fiac hors les murs

Après les étoiles de mer d’Elmgreen & Dragset (fiac 2018) et la citrouille de Yayoi Kusama (fiac 2019), c’est un impressionnant ‘Flying Dragon’ rouge vif, réalisé en 1975 par Alexander Calder (1898-1976), qui a été installé sur la place Vendôme par Gagosian. Le galeriste américain consacre à l’oeuvre une exposition jusqu’au 18 décembre, dans sa nouvelle galerie rue de Castaglione, où on peut notamment voir une des deux maquettes du projet (l’autre étant exposée à l’Art Institute of Chicago).

Enfin, comme à chaque édition, une sélection d’oeuvres étaient exposées en plein air, principalement dans le jardin des Tuileries, dans le cadre de la ‘fiac hors les murs’.

Crédits photos : @elegantinparis

Retour en haut

Leave a comment