Bonhams – Les grandes marques du monde à Paris

Dans un monde pré-covid, fin janvier/début février est un peu la semaine de l’automobile à Paris avec le salon Rétromobile, l’exposition Concept Cars sur la place des Invalides et les ventes aux enchères de maisons prestigieuses comme RM Sotheby’s ou Artcurial. Si la plupart de ces manifestations ont été reportées (Rétromobile du 16 au 20 mars, pas de date à ce jour pour Concept Cars), la maison de ventes Bonhams a elle maintenu sa vente du 4 février avec une exposition au Grand Palais Éphémère sur le Champ de Mars (l’exposition a habituellement lieu au Grand Palais, actuellement en travaux). Faisons un tour sous la halle réalisée par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, avec une sélection – subjective – des lots qui ont retenu mon attention.

Voitures de compétition

Exposés près d’une quinzaine de motos, la vente proposait une Formule 1 Shadow-Cosworth DN9B de 1979 qui a été pilotée par le hollandais Jan Lammers, un modèle “continuation” du prototype Matra MS630 construit en 2007 et équipé d’un moteur type Ford GT40, et une Brabham BT5 de 1963, ayant couru plusieurs courses en Europe et aux Etats-Unis. Plusieurs voitures de rallye étaient aussi listées, notamment une Audi 200 Turbo Quattro de 1988 ou une Mercedes-Benz 190E 2.5-16 Evo II DTM de 1991.

Élégantes des années 60

Côté anglaises, si une seule Jaguar E-Type Series 1 4.2-litre Roadster de 1964 dans une jolie livrée rouge carmin était en vente, Aston Martin était représenté par deux magnifiques DB4 Series 2 Sports Saloon de 1960 dans des livrées grises James Bondesque (DB5). Cet élégant coupé sportif compact lancé au Salon de Londres de 1958, visait à l’époque à concurrencer les GT italiennes, avec un nouveau moteur six cylindres à double arbre à cames de 240 ch.

Une intéressante Ferrari 250 GTE 2+2 Series III Coupé de 1963, première quatre place de Ferrari dérivée de la 250 GT, son modèle le plus vendu à l’époque, mais ciblant une clientèle plus “familiale”, était proposée lors de cette vente.

Chez Porsche, parmi les 911 des années 60 et les types 993/996/991 plus modernes, c’est une 911 2.0-Litre SWB Sunroof Coupé de 1966 qui a retenu mon attention avec sa carrosserie blanc ivoire clair et son toit ouvrant. Il y avait aussi deux Porsche 356, dont une sublime 356 Carrera 2 GS Coupé de 1962, peinte en Signalrot (rouge signal), d’autant plus rare qu’il s’agit d’un des 27 modèles construits avec un toit ouvrant.

Les grosses cotes

Une des attractions de la vente était cette Porsche 904 GTS de 1964 qui a participé à plusieurs courses dans les championnats nord-américains entre 1964 et 1966, avant d’être achetée par le célèbre acteur et producteur Robert Redford qui la conserva pendant presque dix années. Elle a été vendue pour 1,35 M€ (frais inclus).

Continuons le palmarès de cette vente avec une Bugatti EB110 GT Coupé produite en 1996, lors de la renaissance de Bugatti dans les années 90 suite au rachat de la marque par l’entrepreneur italien Romano Artioli. Conçue par l’ingénieur Paolo Stanzani et le designer Marcello Gandini, qui avaient travaillé tous deux chez Lamborghini sur la Miura ou la Countach, l’EB110 (“110” pour les 110 ans depuis la naissance d’Ettore Bugatti à l’époque), cette supercar possède un V12 3,5 litres de 561 ch pour une vitesse de pointe de 340 km/h et a trouvé acquéreur pour 1,82 M€ (frais inclus).

La plus grosse vente a été pour cette Ferrari LaFerrari Coupé de 2014 qui est partie pour 2,56 M€ (frais inclus). Hypercar équipée d’un moteur V12 de 6,3 litres et 789 ch associé à un moteur électrique de 161 ch, pour une puissance totale de 950 ch, elle est une des voitures les plus rapides du monde avec un 0 à 100 km/h en 2,4 secondes.

Enfin, il y avait cette Bugatti Type 57C Special Coupé historique de 1938, puisqu’elle a appartenu à l’usine de Molsheim et a probablement été conduite par le “Patron” lui-même, mais elle n’a pas trouvé acheteur (estimation 1,6M€-2M€) d’après le site de Bonhams.

Mes coups de coeur

Passons maintenant à trois lots qui ont piqué ma curiosité : ce n’était pas les modèles les plus chers, ni les voitures les plus puissantes ou emblématiques, mais elles avaient un “quelque chose” qui les rendaient originales et attachantes à mes yeux.

  • Abarth 750 GT ‘Double Bubble’ coupé de 1958 : c’est sans aucun doute la carrosserie Zagato atypique à “double bulle” de cette petite Abarth qui a retenu mon attention. Cette GT a été inscrite à plusieurs courses aux Etats-Unis à sa sortie d’usine en 1958, avant de revenir en Italie dans les années 90, où elle a participé à la course de côte Vernasca Silver Flag en 2000, 2001, 2003 et 2011.
  • De Tomaso Pantera L Coupé de 1974 : moins connues du grand public que Ferrari, Lamborghini ou Maserati parmi les italiennes, les supercars De Tomaso n’en restent pas moins désirables avec leurs moteurs V8 Ford, et cette version “L” (pour “Lusso” / Luxe) et sa carrosserie Ghia verte foncée n’échappe pas à la règle.
  • AC Cobra Mark II ‘Continuation’ Roadster de 1964/2006 : combinant les chassis britanniques des ACE et les moteurs V8 américains de Ford, les AC Cobra sont indissociables du pilote texan Caroll Shelby vainqueur des 24 Heures du Mans en 1959 et préparateur des Ford GT40 Mark II au milieu des années 60 (entre autres). Le modèle qui était proposé par Bonhams a été construit par AC Heritage en 2006 sur la base d’un chassis original de 1964, avec une magnifique carrosserie crème en alliage d’aluminium.

Enfin, il y avait beaucoup d’autres voitures de collection de différentes époques à voir, mais terminons avec cette Panhard & Levassor X21 Landaulet de 1913 et son terrifiant klaxon en forme de serpent !

Catalogue et résultats de la vente : https://www.bonhams.com/auctions/27526/

Crédits photos : @elegantinparis

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