Du 14 décembre 2021 au 10 avril 2022, le Musée du Quai Branly Jacques Chirac a présenté l’exposition “La Part de l’Ombre – Sculptures du Sud-Ouest du Congo“. Environ les quatre cinquièmes des œuvres exposées provenaient du Musée Royal de l’Afrique Centrale de Tervuren, en Belgique, et proposaient de (re)découvrir des oeuvres de cette région de la République Démocratique du Congo.







La première partie de l’exposition proposait différents masques liés au mukanda, rite de passage à l’âge adulte pour les jeunes garçons de huit à douze ans. D’imposants masques-heaumes Yaka et Suku faits de bois et de longues fibres végétales côtoyaient des masques de village Pende, dont cet étonnant masque bwalabwala à la bouche tordue, représentant en fait deux personnages : tundu, un être grivois et sans vergogne, et mbangu, souffre-douleur du premier. Chez les Tshokwe, un magnifique masque pwo, représentation d’un idéal féminin et d’une ancêtre primordiale, était entouré de masques munganda.





Après quelques statues zoomorphes ou “chimères végétales”, la visite se poursuivait avec de nombreuses statuettes et fétiches Teke, Suku, Mbala, Yaka ou Hungaan, dont certains “couples” homme/femme ou Janus, à deux visages. Parmi les fétiches, des khosi (lion) étaient utilisés chez les Yaka et Suku pour lutter contre les voleurs et les sorciers (baloki), capables de frapper leurs proies et de guérir les maux.









Dans le cadre de cette exposition, le Musée du Quai Branly avait commandé deux œuvres à des artistes contemporains congolais :
- Une représentation de la “Bataille de Zumbu A Vumvu” par Jean-Claude Lofenia (né en 1984), qui opposèrent à la fin du XVIIIe siècle les Muteba, une des dynasties Lunda les plus puissantes et tyranniques, à une alliance menée par les Suku,
- Le “Pouvoir des Ancêtres Khaaka” d’Enyejo Bakaka (né en 1976), le khaaka, ou “grand-mère de clan”, évoquant un ancêtre féminin fondateur.



L’exposition se terminait avec divers objets sculptés : hachettes et herminettes, cannes et “chasses-mouches” (attributs de chefs), coupes, appuis-nuque et pendentifs en ivoire, mais aussi deux insolites galukoshi, objets divinatoires en forme de bras articulé télescopique, faits de bois ou de bambou, ornés d’un petit masque sculpté.





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