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Du Champ de Mars à la Porte de Versailles, la première semaine de février à Paris demeure le rendez-vous incontournable des amateurs de voitures anciennes et de collection avec le salon Rétromobile qui a eu lieu du 1er au 5 février 2023, et les ventes aux enchères organisées par Bonhams et Artcurial Motorcars. Retour en images sur une sélection – subjective – de quelques modèles vus durant la semaine.
Vente Bonhams ‘Les Grandes Marques du Monde à Paris’
La vente aux enchères Bonhams s’est tenue le 2 février au Grand Palais Éphémère, comme l’année précédente en attendant la réouverture de la grand nef du Grand Palais.
Commençons avec cette magnifique Ferrari 365 GTB/4 ‘Daytona’ Berlinetta de 1970 dans sa livrée bleu Dino métallisé plutôt rare. C’est le styliste de Pininfarina, Leonardo Fioravanti, qui fut à l’origine du nez de requin si caractéristique des 365 GTB/4 qui étaient les Ferrari de série les plus chères et les plus rapides lors de leur commercialisation en 1968.



Introduite en 1963 et produite jusqu’en 1967, la Chevrolet Corvette Sting Ray a coincidée avec l’âge d’or de la Corvette. Le version coupé (et sa vitre arrière ‘split window’ en deux parties) proposée par Bonhams fait partie des 21 000 exemplaires de la Sting Ray produits lors de la première année et est équipé d’un moteur de 360 ch à injection associé à une transmission manuelle à quatre rapports.




Véritable œuvre d’art, la Porsche 356C 1600 de 75 ch de 1964 ‘Mirror 356’, recouverte par de nombreux fragments de mirroirs (jusqu’au tableau de bord), a été réalisée en 2003 par l’artiste autrichien Gustav Troger (né en 1951).



La Lancia Aurelia PF200 Spider présentée ici était le premier des sept exemplaires du concept car PF200 de Pinin Farina (alors en deux mots) construit dans un but promotionnel, marqué par cette calandre circulaire unique rappelant les avions de chasse à réaction North American F-86 Sabre.



De la Porsche 911 Turbo issu du ‘projet 930‘ en 1975 jusqu’à la type 993 apparu en 1994 qui fut la dernière version équipée d’un moteur refroidi par air, en passant par la type 964 lancée en 1989 (la première 911 à quatre roues motrices), Bonhams proposait une collection de douze Porsche 911 Turbo à refroidissement à air, produites entre 1977 à 1998.



Parmi les voitures un peu plus anciennes, citons cette magnifique Talbot-Lago T26 Grand Sport Coupé ‘Chambas’ de 1948 ayant participée cinq fois aux 24 Heures du Mans, et cette non moins superbe Delahaye 135M Roadster de 1947 et sa carrosserie prune.


A l’instar des Koenigsegg, Spyker, Noble ou Ultima, Pagani fait partie des petits constructeurs indépendants capables de rivaliser avec les supercars réalisées par des constructeurs renommés comme Ferrari, Lamborghini ou Bugatti. La Huayra Roadster de 2020 qui était mise en vente, possède un moteur AMG V12 de 6 litres double turbo, délivrant 620 ch pour une vitesse de pointe de 383 km/h et un 0 à 100 km/h en 2,8 secondes.




Présentée en 1988 pour célébrer les quarante ans de Ferrari en tant que constructeur automobile, la F40 fait partie des modèles légendaires de la marque italienne avec son moteur longitudinal de 3 litres à quatre soupapes par cylindre de 478 ch, et sa carrosserie dessinée par Leonardo Fioravanti chez Pininfarina (voir la Ferrari 365 GTB/4 ‘Daytona’ plus haut).




Finissons notre visite du Grand Palais Éphémère avec une voiture unique : Bonhams mettait en vente la monoplace Jordan-Ford 191 de Formule 1 sur laquelle a débuté Michael Schumacher en 1991. C’est sur ce chassis que le débutant allemand et futur septuple champion du monde de Formule 1, a obtenu le huitième meilleur temps de la première séance d’essais précédant le Grand Prix de Belgique. Néanmoins, la course à Spa-Francorchamps sourit moins à Schumi (installé sur un autre chassis que celui proposé par Bonhams) qui grilla son embrayage au départ et dut abandonner avant le second virage du premier tour. Il n’en reste pas moins que les premiers pas du jeune pilote, mais aussi la toute jeune écurie d’Eddie Jordan, marqua les esprits.




Vente Artcurial Motorcars ‘Rétromobile 2023’
C’était le clou de la vente Artcurial Motorcars qui se tenait au sein même du salon Rétromobile, mais elle n’a pas trouvé preneur : la 250 LM (‘LM’ pour Le Mans) est la première Ferrari de compétition à moteur V12 en position centrale. Si en 2023 on célèbre les soixante ans du modèle, c’est en 1965 que la 250 LM a acquis ses lettres de noblesse en dominant les 24 Heures du Mans (1ère, 2ème et 6ème place pour des 250 LM, avec Masten Gregory et Jochen Rindt au volant de la Ferrari victorieuse, et une 275 GTB à la 3ème place) qui étaient promises à Ford pour les bookmakers. La 250 LM Berlinetta de 1964 proposée ici faisait partie des 32 exemplaires qui n’ont pas couru en compétition et était dans un état irréprochable.



Artcurial offrait aussi à la vente une des toutes premières Lamborghini Countach LP400 de 1975, dite ‘Periscopio’ en raison du décrochement de toit prévu sur le prototype pour un rétroviseur central, et son exceptionnel moteur V12 de 3,9 litres et 375 ch en position centrale.



Un des modèles les plus emblématiques de Bugatti, la Type 57 Atalante et sa classieuse livrée noire et ivoire demeure un des trois exemplaires à toit ouvrant ayant survécu, sur les dix produits entre 1935 et 1936. Livrée neuve à Marseille en 1935, elle participa au Rallye des Alpes 1936.



Bart Rosman était un collectionneur hollandais connu et respecté, capable de réparer et entretenir lui-même ses véhicules. Artcurial proposait lors de cette vente trois véhicules d’exception lui ayant appartenu :
- Une Ferrari 340 America Barchetta Touring Superleggera de 1951, ayant participé aux 24 Heures du Mans 1951,
- Une Bugatti Type 43 Grand Sport de 1931, surnommée ‘Prima Donna’ par le passionné de Bugatti Guillaume Prick dans les années 50,
- Une Bugatti Type 35C de 1929, dans un état de conservation exceptionnel, n’ayant jamais été modifiée depuis 1931.






Rendant hommage au pilote britannique Stirling Moss (1929-2020) et à sa victoire aux Mille Miglia de 1955 au volant de la 300 SLR, la Mercedes-McLaren SLR Stirling Moss Edition fut la dernière collaboration entre les deux constructeurs en 2009. Seulement 75 exemplaires ont été produits et il fallait être déjà propriétaire d’une SLR pour espérer en acquérir une neuve à l’époque.



AMG, Brabus ou Koenig, bienvenue dans le monde des préparateurs des années 80 et leurs berlines allemandes survitaminées ! Cinq Mercedes-Benz ayant subi les traitements de préparateurs reconnus étaient listées dans le catalogue de la vente, dont une 500 SGS Gullwing de 1983 ‘améliorée’ par la société Styling-Garage (SGS).






Le salon Rétromobile
Toujours aussi populaire, la 47ème édition du salon Rétromobile a accueilli 125 000 visiteurs au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, soit la deuxième meilleure fréquentation depuis sa création en 1976. Ce sont plus de 1000 véhicules qui étaient présentés par plus de 500 exposants, dont 12 constructeurs.
Rétromobile, ce sont des voitures de collection et de compétition exposées par des garages spécialisés et des maisons de vente renommées venant de toute l’Europe, mais aussi des dizaines de stands proposant des pièces détachées, des modèles réduits, des livres et des magazines, ou tout type d’objet lié à l’univers automobile.




Le salon accueillait cette année une Porsche 356A de 1956 un peu spéciale : préparée par l’équipe de Valkyrie Racing Team et équipée de chenilles et de skis, la pilote américaine Renée Brinkerhoff a traversé l’Antarctique à son volant, dans le but de lever des fonds pour des associations luttant contre le trafic des enfants.
Terminons enfin avec le stand dédié aux 24 Heures du Mans, dont c’est le centenaire cette année. L’occasion de voir de près le trophée spécial qui sera offert aux vainqueurs de cette édition particulière !









Sources : catalogues des ventes Bonhams et Artcurial Motorcars.
Crédits photos : @elegantinparis