Collection Hélène Leloup, vente chez Sotheby’s

Article in French

Le 21 juin 2023, la maison de vente Sotheby’s à Paris dispersait une partie de la collection d’Hélène Leloup (née en 1927), ancienne galeriste de renommée internationale et spécialiste de l’art dogon.

Née en 1927, Hélène Copin (son nom de jeune fille) se passionne pour les peuples de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Mali lors d’un premier voyage à Dakar en 1952. Elle rencontre Henri Kamer en 1954, qui deviendra son mari et avec qui elle ouvrira une première galerie sur le boulevard Raspail, à Paris. En 1957, le couple rencontre le succès avec une exposition à Cannes réunissant 466 objets provenant de prestigieuses collections (Pierre Guerre, Charles Ratton, Robert Sainsbury, Tristan Tzara, Pierre Vérité, André Breton, Jean Roudillon, …). Puis, en 1960, ils ouvrent une seconde galerie à New York, sur Madison Avenue. Quelques années plus tard, le couple se sépare et Hélène revient à Paris pour ouvrir, seule, sa propre galerie sur le quai Malaquais. Elle s’associe alors avec Philippe Leloup, architecte, avec qui elle se remarie en 1976 et ouvre ensemble une autre galerie à New York.

Siège Ogatoumon, Dogon, Mali
Vue de l’exposition

« Je n’aime pas trop les choses aimables. Les sculptures dogons sont sévères ; il y a une grandeur dans ces pièces, un côté janséniste que l’on retrouve d’ailleurs chez les gens eux-mêmes, en harmonie avec la rigueur des paysages où ils vivent.» Après plus de cinquante années à étudier le peuple Dogon, au Mali, l’expertise d’Hélène Leloup sur cette ethnie l’amènera à publier un ouvrage de référence sur le statuaire dogon en 1994, avant de devenir la commissaire de l’exposition “Dogon” au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac en 2011. Parmi les sculptures proposées lors de cette vente Sotheby’s, une impressionnante statue double, du village de Komakan (voir ci-dessus), et une énigmatique statue porteur de masque (voir plus bas) étaient parmi les estimations les plus hautes de la vente.

Vue de l’exposition
Vue de l’exposition

En 1966, Hélène rédige le catalogue de la vente de la collection Helena Rubinstein (1870-1965) organisée par Parke-Bernet à New York … sur lequel figurera seul le nom de son mari de l’époque, Henri Kamer ! Au-delà de la remise en question que lui imposera cette mésaventure, elle achète lors de cette vente la fameuse tête Fang byèri ayant appartenu à la magnate des cosmétiques et collectionneuse. Quatre ans après avoir été exposée au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac pour l’exposition “Helena Rubinstein. La collection de Madame”, Sotheby’s présentait la tête Fang à côté d’une toile du peintre Francis Bacon, “Head of Woman” , appartenant à Hélène Leloup et proposée également lors de la vente.

Vue de l’exposition

Sources :

Catalogue de l’exposition “Collection Hélène Leloup, le journal d’une pionnière”, Sotheby’s, juin 2023,

“Hélène Leloup, souvenirs d’Afrique”, Le Monde, 3 mai 2004

Crédits photos : @elegantinparis

Retour en haut

Leave a comment